12 h 30 – 13 h 30
Focus sur cette œuvre étonnante fabriquée en en bois, clous et… pomme de terre, prêtée par la Collection Pinault

Sigmar Polke, Kartoffelhaus (Maison en pomme de terre), 1967-1990
Bois, clous et pommes de terre
Pinault Collection
Les pommes de terre de cette cabane, en tant que produits du quotidien, témoignent de la proximité de Polke avec le pop art étasunien, mais marquent aussi une distance avec ce courant : elles demeurent un symbole antiglamour et anticonsumériste, emblématique de la pauvreté de l’Allemagne d’après-guerre et de la ruralité européenne. Comme Van Gogh trois générations avant lui, Polke s’empare de cet aliment aux antipodes des goûts de la bourgeoisie afin de souligner l’intérêt et la valeur qu’il accorde au monde populaire et à la paysannerie. Entre 1967 et 1969,
plusieurs de ses travaux mobilisent ce motif.
Dans une fausse autobiographie facétieuse, Friedrich W. Heubach lui fera dire : « S’il y a bien quelque chose qui en soi et en bloc offre matière au débat perpétuel en art, réunissant créativité, spontanéité, productivité et exultation, c’est la pomme de terre. » C’est notamment la force de germination du tubercule qui intéresse l’artiste, car elle peut évoquer l’inspiration et la production artistiques : même ici, la pomme de terre va continuer à germer.